Mostrando las entradas con la etiqueta Arp Jean. Mostrar todas las entradas

24 may. 2007

Jean Arp - El padre, la madre, el hijo, la hija (bilingüe)

No hay comentarios. :



El padre se ha colgado
en lugar del péndulo.
La madre es muda.
La hija es muda.
El hijo es mudo.
Los tres siguen
el tic tac del padre.

La madre es de aire.
El padre vuela a través de la madre.
El hijo es uno de los cuervos
de la plaza San Marcos en Venecia.
La hija es una paloma mensajera.

La hija es dulce.
El padre se come a la hija.
La madre corta al padre en dos
se come una mitad
y ofrece la otra al hijo.

El hijo es una coma.
La hija no tiene pies ni cabeza.
La madre es un huevo espoleado.
De la boca del padre
cuelgan colas de palabras.

El hijo es una pala rota.
El padre no tiene más remedio
que trabajar la tierra
con su larga lengua.
La madre sigue el ejemplo de Cristóbal Colón.
Camina sobre las manos desnudas
y atrapa con los pies desnudos
un huevo de aire tras otro.
La hija remienda el desgaste de un eco.
La madre es un cielo gris
por el que vuela bajo muy bajo
un padre de papel secante
cubierto de manchas de tinta.
El hijo es una nube.
Cuando llora, llueve.
La hija es una lágrima imberbe.

De El velero en la foresta



Le pére, la mére, le fils, la fille

Le père s’est pendu
à la place de la pendule.
La mère est muette.
La fille est muette.
Le fils est muet.
Tous les trois suivent
le tic-tac du père.

La mère est de l’air.
Le père vole à travers la mère.
Le fils est un des corbeaux
de la place Saint-Marc à Venise.
La fille est un pigeon voyageur.

La fille est douce.
Le père mange la fille.
La mère coupe le père en deux
en mange une moitié
et offre l’autre à son fils.

Le fils est une virgule.
La fille n’a ni queue ni tête.
La mère est un œuf éperonné.
De la bouche du père
pendent des queues de mots.

Le fils est une pelle cassée.
Le père est donc forcé
de labourer la terre
avec sa longue langue.
La mère suit l’exemple de Christophe Colomb.
Elle marche sur ses mains nues
et attrape avec ses pieds nus
un œuf d’air après l’autre.
La fille raccommode l’usure d’un écho.
La mère est un ciel gris
où traîne en bas tout en bas
un père en papier buvard
couvert de taches d’encre.
Le fils est un nuage.
Quand il pleure il pleut.
La fille est une larme imberbe.

De Le voilier dans la forêt
Fuente: DDOOSS